« Tu m'arracheras de moi » : la limite de la représentation dans la poésie de René Lapierre (1990-2008)

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Date
2020-01-23
Authors
St-Amand, Patrick
Keyword
poésie , poetry , poésie québécoise , Quebec poetry , représentation , representation , René Lapierre , Jacques Lacan , Slavoj Zizek
Abstract
Les recueils de poésie publiés par René Lapierre de 1990 à 2008 participent d’un questionnement de la forme poétique, laquelle, en plus d’interroger la posture énonciative mise en scène par le texte, propose comme moteur dominant la juxtaposition et la multiplication des instances narratives et se construit en grande partie de fragments narratifs le plus souvent indépendants les uns des autres. Cette mise en présence des formes et de discours hétérogènes est elle-même productrice de sens. Les théories du philosophe slovène Slavoj Žižek, telles qu’elles sont formulées dans son ouvrage The Sublime Object of Ideology (1989), et notamment en ce qui a trait à l’idéologie, permettent d’éclairer certains des enjeux cachés de la représentation. La présente analyse se construit autour de trois notions centrales, empruntées par Žižek au théoricien français de la psychanalyse, Jacques Lacan, qui permettent d’explorer la façon dont le discours et son organisation sont constitutifs d’un horizon de sens unique à Lapierre. Dans un premier temps, la notion du Réel lacanien permettra de souligner la façon dont le discours poétique se bute toujours, dans les recueils étudiés, à un indicible autour duquel le texte se construit, un noyau déjà-toujours présent par rapport à la posture énonciative et impossible à approcher autrement que comme un vide au sein du discours. Dans un deuxième temps, la notion de la Chose (das Ding), issue des théories freudiennes, sera proposée comme moteur du sens et comme principe d’organisation du texte. La Chose, en effet, est identifiée comme étant centrale à la production du sens et à la représentation : elle participe à l’échelle du texte et du recueil à l’articulation des structures de sens qui, chez Lapierre, passent par une élimination de tout surplus. À la fin de ce parcours, par le biais de la notion de Sublime, l’analyse démontrera que la poésie de Lapierre cherche à dire sa propre limite, à mettre en scène un échec de la représentation.
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