La Chine et les Chinois dans les romans français du XVIIIe siècle

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Date
2013-03-25
Authors
Li, Miao, 1981-
Keyword
China and Chinese , relativism and universalism, alterity
Abstract
Dans son livre Espaces lointains, espaces rêvés dans la fiction romanesque du Grand Siècle, Marie-Christine Pioffet termine l’examen du « pays de la soie » (159) par un constat que l’image de la Chine au XVIIe siècle est en fait véhiculée par « les mythes de la chorographie romanesque » (32), et qu’« il faudra attendre encore un siècle pour qu’émerge un véritable exotisme chinois » (176) dans l’écriture de fiction. Qu’est-ce qui explique et définit ce véritable exotisme chinois? Comment l’Autre chinois est-il construit dans divers genres romanesques du XVIIIe siècle? Quel rôle cet Autre joue-t-il dans une réflexion idéologique et esthétique des auteurs sur les dichotomies très discutées à l’époque, soit Moi/Autre, général/particulier et universalisme/relativisme? Telles sont les questions que cette thèse se propose de traiter, en analysant les représentations de l’altérité dans les œuvres romanesques incluant les figures de la Chine et des Chinois. Notre travail commencera par une présentation de l’évolution historique des relations franco-chinoises. Il s’agira de définir, ensuite, le concept d’altérité même et ses implications dans les sciences humaines et sociales, vu que ces domaines influencent les images littéraires de l’Autre. En exploitant des développements élaborés par Todorov, Segalen, Levinas, Bakhtine, Genette et d’autres encore, nous examinerons les multiples représentations de l’altérité chinoise dans 27 récits de fiction écrits au XVIIIe siècle. Il sera question de repérer des nuances dans les figures de l’Autre créées par trois formes de fiction : le conte, l’histoire galante et le roman. Quatre ouvrages seront étudiés en détail pour mettre au jour divers enjeux de l’intérêt pour l’Autre à cette époque: les Nouvelles et galanteries chinoises (1712) attribuées à Mme de Villedieu, La Princesse de Babylone (1768) de Voltaire, les Lettres chinoises ou correspondance philosophique, historique et critique (1739-1740) du marquis d’Argens et le Roman historique, philosophique et politique de Bryltophend (1789) de Le Breton. Ces analyses feront voir que si le XVIIIe siècle marque l’avènement d’un véritable exotisme chinois, son intérêt croissant pour l’Autre particulier fait partie intégrante de la recherche des valeurs universelles, partagées par tous les peuples, laquelle caractérise l’esprit et la démarche des Lumières.
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